Guilhem Barlerin

Grand sensible Guilhem est un explorateur des temps modernes. Grâce à son appareil photo, il peint des tableaux entre douceur et finesse, utilisant la féminité comme base de ses créations .

À quel moment as-tu découvert la photographie?

On peut dire que j’ai toujours baigné dedans, mon père faisant de la photo depuis bien avant ma naissance.
Je me souviens étant petit devoir porter le sac photo bien lourd de mon père, j’avais horreur de ça! C’est peut être une des raisons qui me poussent aujourd’hui à utiliser du matériel relativement petit et léger.
J’ai vraiment commencé à faire des photos à partir de mes 20ans, et à chercher à en faire vraiment quelque chose 3-4 ans après.

Parles-nous un peu de tes travaux, quels sont les thèmes principaux ? Par quoi es-tu influencé ?

Je ne pense pas avoir de thème bien à moi, certes j’ai des préférences, comme chaque être humain, les premiers mots qui me viennent à l’esprit sont : légèreté, envol, solitude (dont j’ai beaucoup souffert plus jeune), présence, etc…
Cette envie de légèreté, d’envol, vient peut être de moi, de mon vécu, je ne sais pas… Le monde autour de moi m’influence, je vais voir un arbre et me mettre à penser, que fait-il là? Pourquoi? Un oiseau s’envole prêt de moi, a-t-il eu peur ? L’univers dans lequel on est tout les jours une source d’inspiration !

As-tu un souvenir d’un shooting que tu souhaites partager avec nous ?

J’ai tellement de souvenirs de shooting! Un assez marquant est lorsque nous avons fait plus de deux heures de routes pour aller jusqu’au lieu, un temps un peu gris comme je les aimes, arrivé en haut du col (en voiture), un déluge de pluie, vraiment trop pour que la modèle puisse se changer et la styliste faire son travail. On a du se poser à l’auberge prendre un chocolat chaud, il faisait un froid vraiment soutenu! Le soleil s’est mit à percer au bout d’une bonne heure, on a pu commencer à travailler, personne à l’horizon, parfait la modèle pouvait se changer, à peine eut-elle le temps d’enfiler un collant, une vingtaine de cyclistes débarquent… Les commentaires s’en sont suivit, je n’ai pas mis longtemps pour aller leur faire comprendre qu’ils n’avaient pas à parler d’elle comme ça (bien sur j’en ai pris pour mon grade aussi…), ils sont donc partis, et on a pu shooter, la lumière était magnifique, la série qui s’en suivit était vraiment bien à mon gout, tout le monde était content, on fini le shoot une heure plus tard environ, et là de nouveau la grosse pluie (sauf qu’on était pas dans la voiture ).
Un souvenir rigolo d’un shoot humide!

 

Comment trouves tu tes modèles? Tes poses?

Au début je postais des annonces sur les groupes Facebook dédié à la photo, j’ai fais quelques rencontres sympa, d’autres un peu moins… Maintenant j’ai un réseau assez étendu qui me permet de « recruter » plus facilement, il suffit quelques fois d’une simple annonce sur ma page et j’ai plusieurs demandes, quelques fois j’accepte de collaborer avec des modèles qui me contactent si le profil m’intéresse (mais peu, vu le nombre de demandes par semaine).
Les poses que je demande ?
En général le modèle est relativement libre de ses mouvements, et j’ai horreur d’être directif, du genre « mets ton bras comme ça, fais ci, fais ça… » ça ne marche pas, je préfère de loin toucher l’esprit de la personne, en lui faisant s’imaginer une situation, une émotion, un ressenti, qu’elle se sente libre des contraintes d’une pose photo, je vais chercher à « perturber » la personne (pas dans le sens négatif) pour qu’elle oublie l’appareil, que son esprit prenne le dessus sur son physique, que son âme guide ses gestes, et non pas des mouvements vides de sens.
En général ça se passe bien, sauf très très rares exceptions, j’essaye de créer un lien entre le modèle et moi, une sorte de complicité, il le faut, je vais photographier cette personne, dans son ensemble, en tentant d’extirper son âme de son corps, je dois la connaitre, elle doit me connaitre, je n’ai pas de barrières pour mes modèles, je me présente comme je suis, avec mes forces et mes faiblesses.

 

Quel est le cliché dont tu es le plus fier ?

Difficile à dire, bien que j’ai ma petite idée, une photo réalisée il y a presque un an et demi maintenant, j’ai du mal à faire mieux depuis.

Quelles ont été selon toi, les étapes importantes de ton apprentissage ?

Comme n’importe quel débutant, j’ai dû avaler de la technique, avant de réussir mes premières photos, faire des essais, les rater, les réussir, ça prend des années. Une fois tout ça acquis, que nous reste-t-il? L’esprit, on ne peut travailler qu’avec l’esprit au final, car lui seul n’a pas de limite.

 

Tu es aujourd’hui photographe professionnel , mais aussi formateur.
Quelle est, selon toi, la meilleure démarche pour apprendre la photographie ?

Avant tout, il faut pratiquer, puis s’inspirer, ne pas hésiter à copier dans un premier temps, pas pour copier un style, mais pour comprendre pourquoi on utilise certaines techniques dans un cas et pas dans l’autre. Et s’instruire, regarder des vraies belles photos, tout les jours si il le faut.Le plus important, ne pas hésiter à se planter, c’est comme ça qu’on avance, vous croyez que les grands photographes étaient bons dès le début? Croyez moi, ils ont aussi fait des très mauvaises photos !

 

As-tu trois conseils à donner à un photographe amateur ?

Conseil numéro 1 !
L’appareil ne fait pas la photo! Faut vraiment être conscient de ça, même s’il faut l’avouer, sans matériel, on ne peut travailler.

Conseil numéro 2 !
Plantez vous! Tout le temps! Si vous ne sortez pas de votre zone de confort, si vous espérez que le talent et l’inspiration tombent du ciel, vous n’allez pas avancer, du tout.

Conseil numéro 3 !
Éclatez vous! Il vaut mieux rater toutes les photos d’une séance et s’amuser, et amuser votre modèle (quand il y en a un), plutôt que de réussir vos images, mais de vous ennuyer. Si vous ratez vos photos mais que le modèle s’est amusé, croyez moi, il reviendra avec le sourire pour un autre shoot même si il n’y a pas eu de résultat avant !

 

Qui sont les photographes qui t’inspirent ?

Tous ! Les bons, les mauvais, les connus, les méconnus. Les seuls qui ne m’inspirent pas sont les prétentieux, ce sont les moins riches humainement. Du moment qu’un photographe est humble face à son travail, il m’inspire.
Pour citer quelques noms (les copains): Thanh Tung Nguyen alias Flou sentimental, Lea Fery  alias Tooga, Julie Cherki alias Cherki, Olivier Ramonteu, Mickael Renovatio.
Parmi les grands noms de la photo:
Salgado,Helmut Newton,Sief,Vadim Stein,Salgado (j’ai déjà dis? Tant pis, je l’aime deux fois).

 

Quels sont tes projets futurs ?

Moi qui vis au jour le jour, difficile de parler de projets futurs! Dans l’ensemble, pouvoir réellement vivre de mon métier, sortir de ma zone de confort, m’exercer dans de nouveaux domaines, faire des randonnées avec les copains! Et de rester vivant ?

 

Propos recueillis pour le magazine Dalia

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Posted on 24 janvier 2017 in Photographie, Print, Vidéo

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